Un salon de jardin enterré est un coin salon aménagé en contrebas du terrain, entouré de murets qui servent de dossiers ou de banquettes. Sa réussite tient d’abord au drainage, puis au soutènement des parois. Il ne faut pas le confondre avec le salon encastrable, qui n’est qu’un mobilier dont les sièges se rangent sous la table.
Salon enterré ou salon encastrable : de quoi parle-t-on
Le salon enterré est une petite fosse de plain-pied avec le jardin, creusée puis habillée de parois et d’assises. On y descend par une ou deux marches, et on s’y assoit au niveau du sol, entouré d’un pourtour qui coupe le vent.
Cette position basse crée un espace intime, protégé des regards et des courants d’air. Elle convient bien à une soirée autour d’un brasero posé au centre.
Le salon encastrable, lui, se pose sur une terrasse existante et ne demande aucun terrassement. Tout ce qui suit concerne donc le vrai salon de jardin enterré, celui qu’on creuse.
Autre avantage : le regard ne se perd pas sur la maison ou les voisins. Le coin salon devient une pièce de plus, ouverte sur le ciel, qui sert aussi bien aux repas à plusieurs qu’à une soirée à deux.
Choisir l’emplacement et les dimensions
Le premier critère est la nature du sol. Un terrain sableux ou caillouteux laisse l’eau s’infiltrer, alors qu’un sol argileux la retient et complique le drainage. Il faut aussi éviter le bas d’une pente, où l’eau de ruissellement converge.
Gardez une distance raisonnable avec la maison et les arbres, dont les racines abîment les parois. Prévoyez la surface utile par personne, la largeur des marches d’accès et la place du foyer central, plutôt que de dessiner la fosse à l’œil.
La profondeur se règle selon la hauteur d’assise voulue. Pour les repères à retenir, reportez-vous à l’article sur la profondeur d’une terrasse enterrée, qui détaille ce point.
Pensez enfin à l’accès. Une marche trop haute ou trop étroite devient dangereuse de nuit, surtout avec un sol humide. Deux marches larges, avec une main courante si la fosse est profonde, rendent la descente confortable pour tout le monde.
Vérifier les règles d’urbanisme avant de creuser
Une terrasse de plain-pied, non surélevée, est en général dispensée de formalité d’urbanisme. En secteur protégé, une déclaration préalable est nécessaire. Dans tous les cas, le plan local d’urbanisme (PLU) de la commune reste applicable.
Si les murets dépassent le niveau du sol de façon sensible, le projet se rapproche d’une construction et peut relever d’une déclaration préalable ou d’un permis. La mairie donne la réponse avant le premier coup de pelle.
Le terrassement impose aussi une démarche auprès des gestionnaires de réseaux. Le responsable du projet dépose une déclaration de travaux (DT), puis l’entreprise ou la personne qui exécute le chantier envoie une déclaration d’intention de commencement de travaux (DICT). Un creusement près d’une canalisation de gaz, d’eau ou d’un câble enterré ne s’improvise pas.
Terrassement et drainage, l’étape qui décide de tout
Le décaissement se fait à la mini-pelle ou à la main selon la surface. Il faut prévoir où évacuer les terres : un volume creusé se transforme vite en plusieurs remorques à sortir du jardin.

Le fond de la fosse reçoit d’abord un lit de gravier drainant, de calibre 20/40 propre et sans fines, puis un drain perforé enveloppé d’un géotextile. Les lés du géotextile se chevauchent d’au moins 30 cm pour que la terre n’obstrue pas le drain.
La pente minimale du drain est de 1 cm par mètre, sinon l’eau stagne. Un regard de visite tous les 15 à 20 m, et à chaque changement de direction, permet de contrôler l’écoulement.
Reste l’exutoire. Le rejet vers le réseau d’eaux usées est interdit ; on envoie l’eau vers un réseau pluvial, avec un clapet anti-retour, ou vers un puits d’infiltration si le sol le permet. Un test d’infiltration avant les travaux évite de découvrir après coup que le terrain n’absorbe rien.
Le remblai se fait en plusieurs couches de granulats, sans jamais combler d’un seul coup. Chaque couche se tasse avant la suivante, et les parois ne doivent recevoir aucune charge tant que le mortier ou le liant n’a pas pris.
Murets, banquettes et sol : les matériaux possibles
Les parois retiennent la terre en permanence, et la poussée augmente avec la profondeur. Plusieurs solutions existent :
- Les blocs de béton, rapides à monter, se montent sur une semelle et se renforcent par des chaînages.
- Les gabions, des cages métalliques remplies de pierres, laissent passer l’eau et se montent sans mortier.
- La pierre sèche donne un rendu soigné, mais demande un savoir-faire réel et du temps.
- Le bois, à condition d’être traité pour un contact avec le sol, convient aux petites hauteurs, au prix d’un vieillissement plus rapide.
Un mur de soutènement un peu haut mérite un dimensionnement par un professionnel, car une paroi mal calculée finit par se déformer.
Les banquettes se maçonnent dans le prolongement des murets ou se construisent en bois, avec un dessus facile à nettoyer. Pour le sol, choisissez un revêtement drainant : dalles sur plots, pavés avec joints sablés ou platelage bois sur lambourdes. Un sol qui ne retient pas l’eau reste praticable après la pluie.
L’entretien suit la même logique que pour toute surface extérieure, comme le montre l’article sur le revêtement d’une terrasse extérieure.
Coussins, brasero et éclairage pour en profiter
Une fosse reste fraîche et humide plus longtemps qu’une terrasse ordinaire. Choisissez des coussins d’extérieur déperlants et prévoyez un coffre de rangement à proximité, hors de la fosse, pour les mettre à l’abri entre deux soirées.

Le brasero ou le foyer central demande un sol incombustible et une bonne distance avec les assises. Avant d’en installer un, vérifiez l’arrêté préfectoral sur les feux et le règlement de la commune : le brûlage et les feux de jardin sont encadrés, et la règle change d’un département à l’autre.
Pour l’éclairage, des balises ou des rubans basse tension, posés dans les murets ou sous les banquettes, suffisent à marquer les marches sans éblouir. Les câbles passent dans des gaines avant le remblai, ce qui évite de rouvrir un mur.
Pour l’ambiance autour, l’article sur l’aménagement d’un coin repas en plein air donne des idées de mobilier, et celui sur la végétalisation d’une terrasse avec des plantes artificielles propose une solution sans entretien pour habiller le pourtour.
Budget : ce qui fait varier le prix
Le prix d’un salon enfoncé dans le sol dépend de quelques postes. Mieux vaut les chiffrer un par un, avec des devis, que de partir d’un prix au mètre carré annoncé quelque part.
- Le terrassement et l’évacuation des terres pèsent lourd quand l’accès est étroit ou que le volume est important.
- Le drainage (gravier, drain, géotextile, regard, exutoire) reste modeste en matériaux, mais ne se rattrape pas après coup.
- Le soutènement varie du simple au double selon le matériau et la hauteur des parois.
- Le revêtement, les banquettes et l’éclairage forment les finitions, que l’on peut étaler dans le temps.
Le chantier peut se faire soi-même, à l’exception du terrassement profond et du mur haut, qui justifient une entreprise. La main-d’œuvre représente alors une part notable du budget, tandis que le réaliser soi-même coûte surtout du temps et de la location de matériel.
Au moment de signer un devis, demandez que le drainage et l’exutoire y figurent explicitement : c’est le poste le plus souvent oublié, et celui dont dépend la tenue de la fosse dans la durée.

