Arrêter la filtration piscine : meilleur moment pour le faire ?

Arrêter la filtration d’une piscine pendant plusieurs jours ne provoque pas instantanément une eau trouble ou risquée. Les micro-organismes prennent de l’avance bien avant que les premiers signes visibles n’apparaissent. Le temps qu’une piscine peut tenir sans filtration dépend de la météo, du volume d’eau et des traitements en place.

Lorsque la chaleur s’installe, même une eau transparente cache parfois des menaces. Mettre la filtration à l’arrêt trop longtemps finit par user le matériel et permet aux algues de s’installer, discrètement d’abord, puis de façon bien visible. Les recommandations diffèrent selon les installations, mais le suivi de quelques signaux clés permet de limiter les impacts sur la qualité de l’eau.

À quoi sert vraiment la filtration d’une piscine au quotidien ?

Dans le bassin, tout est mouvement. À chaque baignade, chaque coup de vent, c’est un nouvel invité qui entre : feuilles, poussières, cheveux, résidus de crème solaire… Rien n’échappe à la vigilance du système de filtration. La filtration piscine n’est pas un détail, elle fait la différence entre une eau limpide et un bouillon de culture. Son objectif : débarrasser l’eau de tout ce qui n’a rien à y faire, et garder la piscine accueillante.

Le dispositif repose sur deux éléments : la pompe piscine, qui met l’eau en circulation, et le filtre à sable (ou autre média), qui capte les impuretés. Sans ce binôme, la piscine se transforme en point de rendez-vous pour algues et bactéries, qui s’installent à la première occasion, surtout quand l’eau chauffe ou que les baigneurs se multiplient.

L’efficacité de la filtration dépend de plusieurs facteurs : la taille du bassin, la fréquentation, la puissance de la pompe, mais aussi l’environnement immédiat. Un bassin exposé au vent ou entouré de végétation doit être surveillé de près. L’hydraulicité, c’est-à-dire la bonne circulation de l’eau, joue aussi un rôle crucial. Si l’eau stagne dans certains coins, la filtration ne peut rien pour elle.

Pour garder une eau parfaite, beaucoup adaptent la durée de filtration à la température : plus il fait chaud, plus il faut filtrer. Ce travail en coulisses, silencieux mais constant, garantit le plaisir de la baignade et évite les mauvaises surprises.

Peut-on laisser sa piscine sans filtration, et si oui, combien de temps ?

Décider de stopper la filtration piscine ne se fait pas à la légère. Tout dépend de la saison, du climat et de la configuration du bassin. En hiver, il existe deux approches distinctes : celle de l’hivernage actif et celle de l’hivernage passif. L’hivernage actif consiste à faire fonctionner la pompe quelques heures par jour, dès que la température de l’eau passe sous les 12 à 15 °C. Ce rythme réduit suffit à limiter les risques de gel et à conserver une eau claire.

Dans les régions où le froid s’installe vraiment, l’hivernage passif est la règle. Dans ce cas, la filtration s’arrête complètement, mais seulement après un traitement approfondi de l’eau, un nettoyage minutieux et une baisse du niveau d’eau. La bâche d’hivernage entre alors en scène pour protéger le bassin. Pompe et filtre à sable doivent être vidés afin d’éviter tout dégât lié au gel.

Voici comment distinguer les deux méthodes :

  • Hivernage actif : filtration réduite (1 à 3 heures par jour), adaptée aux hivers doux.
  • Hivernage passif : arrêt total de la filtration, réservé aux régions sujettes au gel prolongé.

En dehors de ces périodes, arrêter la filtration plusieurs jours n’est jamais anodin. Quelques jours de pause suffisent à voir revenir algues et bactéries. Piscine hors-sol ou enterrée, chaque configuration réclame une adaptation. Au moment de redémarrer la filtration, prenez le temps de contrôler le pH et de nettoyer soigneusement tout le système : c’est le seul moyen de retrouver rapidement une eau saine.

Conséquences à prévoir : ce qui arrive quand la filtration s’arrête

Arrêter la filtration piscine, même temporairement, déclenche une réaction en chaîne dans l’eau du bassin. Sans circulation, les débris, feuilles, pollen, cheveux, insectes, s’accumulent à la surface puis coulent, créant un terrain propice à la prolifération des algues et bactéries.

Privée de filtration, l’eau cesse rapidement d’être équilibrée. Les micro-organismes se multiplient, la transparence laisse place à la turbidité, parfois à une teinte verdâtre. L’odeur change, signe que la dégradation est en marche. À ce stade, il faut compenser l’absence de filtration par des traitements chimiques renforcés, avec un entretien bien plus lourd.

Un autre risque concerne la structure du bassin, surtout en hiver. Une piscine vide en hiver subit la pression du sol, ce qui peut provoquer des fissures, des déformations, voire déplacer la coque elle-même. Maintenir un niveau d’eau suffisant, même en hivernage passif, protège la piscine contre ces dégâts.

Voici ce qu’on observe le plus fréquemment en cas d’arrêt de la filtration :

  • L’eau devient trouble, les algues et bactéries se développent à grande vitesse
  • Les débris s’accumulent, la qualité de l’eau se détériore
  • En cas de vidange complète en hiver, la structure peut être endommagée

Jeune femme ajustant un système de filtration de piscine

Préserver la qualité de l’eau et savoir quand relancer la filtration : conseils pratiques et rôle du professionnel

Suspendre le système de filtration requiert méthode et anticipation. Pour maintenir une eau saine, adaptez la durée de filtration aux conditions : divisez la température de l’eau par deux pour déterminer combien d’heures filtrer chaque jour. Par exemple, à 20 °C, tablez sur 10 heures de filtration. Une horloge de filtration vous simplifie la vie, en déclenchant les cycles et limitant les oublis.

La journée reste le moment idéal pour filtrer : la lumière favorise les algues, il faut donc agir pendant leur pic d’activité. Filtrer la nuit permet certes d’alléger la facture d’électricité, mais l’efficacité sur la photosynthèse en pâtit. Les pompes à vitesse variable sont un atout : elles ajustent leur fonctionnement en fonction des besoins, réduisent la consommation et prolongent la durée de vie du matériel.

Lorsque l’eau descend sous 12-15 °C, il est temps de passer en mode hivernage. Ajoutez alors un produit d’hivernage, nettoyez le filtre à sable, protégez la pompe et couvrez le bassin. Pour les piscines au sel, anticipez : dès 15 °C, l’électrolyse n’est plus suffisante.

Au retour des beaux jours, surveillez la température. Dès que l’eau atteint 12 °C, relancez la filtration, contrôlez immédiatement pH et chlore. Un professionnel peut alors s’assurer du bon fonctionnement du système, repérer d’éventuels défauts d’étanchéité, ajuster les traitements et accompagner le déshivernage.

Bien anticipée, la reprise de la filtration signe le retour d’une eau limpide et d’un bassin prêt à recevoir les premiers nageurs. Rien ne remplace la justesse des réglages et le coup d’œil d’un spécialiste : c’est la promesse d’une baignade sans mauvaise surprise, saison après saison.

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